Au Bénin, les autorités sanitaires passent à l’offensive contre les produits de dépigmentation. Dans un communiqué rendu public ces derniers jours, l’Agence béninoise du Médicament et des autres produits de Santé (ABMed) a annoncé l’interdiction formelle de plusieurs crèmes et produits éclaircissants jugés dangereux pour la santé.
Cette décision intervient dans un contexte où la pratique du « tchatcho », encore très répandue dans plusieurs pays africains, continue de faire des victimes silencieuses. Derrière la promesse d’une peau plus claire se cachent en réalité de graves conséquences sanitaires, parfois irréversibles.
Des produits désormais interdits au Bénin
Parmi les produits visés par cette interdiction figurent notamment : Epiderm Crème, Dermaclair, Movate, Caro Light, Clobetaderm White Cream, Coco Pulp, Fair & White, Dermovate, Skin Light, Rapid Clair, Abidjanaise ainsi que Glutanex Injectable.
Selon l’ABMed, ces produits contiennent des substances nocives et prohibées pouvant provoquer de sérieux dommages sur la peau et l’organisme. L’agence met en garde contre des composants agressifs capables de détruire progressivement la barrière protectrice naturelle de la peau.
Le « tchatcho », une beauté aux lourdes conséquences
Longtemps banalisée, la dépigmentation volontaire représente aujourd’hui un véritable problème de santé publique. Si certaines personnes y ont recours pour répondre à des standards de beauté ou uniformiser leur teint, les spécialistes alertent depuis des années sur les dangers liés à ces pratiques.
Les effets secondaires sont nombreux : infections cutanées répétées, apparition de vergetures profondes, acné sévère, taches irréversibles, brûlures, fragilisation extrême de la peau et troubles pigmentaires. Dans les cas les plus graves, l’utilisation prolongée de certains produits peut favoriser le développement de cancers de la peau ou provoquer des complications rénales et hormonales.
Des dermatologues expliquent également que certaines crèmes éclaircissantes contiennent des corticoïdes puissants, du mercure ou encore de l’hydroquinone à des doses dangereuses pour l’organisme.
Les commerçants et pharmacies sommés de retirer les produits
Face à l’urgence sanitaire, l’ABMed demande aux distributeurs, pharmacies et commerçants de retirer immédiatement ces produits du marché béninois. Les consommateurs sont, eux aussi, invités à redoubler de vigilance et à privilégier des produits cosmétiques conformes aux normes sanitaires.
À travers cette mesure, les autorités béninoises veulent non seulement protéger les populations, mais aussi intensifier la sensibilisation sur les ravages du blanchiment de la peau.
Une lutte pour la santé et l’acceptation de soi
Au-delà de l’interdiction, cette décision relance le débat sur les pressions esthétiques et les standards de beauté qui poussent encore de nombreuses personnes vers des pratiques dangereuses.
Car derrière l’éclat artificiel promis par ces produits se cache souvent une réalité douloureuse : une peau fragilisée, une santé menacée et parfois une perte profonde de confiance en soi.
Le message des autorités sanitaires béninoises est clair : la beauté ne devrait jamais se construire au détriment de la santé.
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