Le lancement de l’ouvrage « Femmes, autonomisation et santé au Bénin : Des révélations au pluriel » a rassemblé, jeudi 23 avril, autorités politiques, partenaires techniques et citoyennes engagées. Au cœur de cette rencontre : la reconnaissance du rôle décisif des femmes dans le développement du pays. Bien plus qu’un simple livre, cette publication se veut un outil de mémoire, de plaidoyer et d’espérance. Elle retrace les parcours de 160 femmes béninoises issues de divers milieux, dont les contributions, souvent invisibles, participent activement à la transformation sociale et économique du Bénin. Pour le représentant résident du Fonds des Nations Unies pour la Population, Richmond Tiemoko, l’enjeu dépasse largement le cadre éditorial. « Nous donnons écho à la voix de celles que l’on entend trop peu, mais qui portent chaque jour ce pays », a-t-il affirmé, insistant sur la nécessité de valoriser ces engagements féminins longtemps restés dans l’ombre. Dans un pays où les femmes représentent plus de la moitié de la population, cet ouvrage met en lumière un paradoxe : leur poids démographique ne s’est pas toujours traduit par un accès équitable aux responsabilités et aux opportunités. Toutefois, les mentalités évoluent progressivement.
Des lignes qui bougent dans la société
Les données présentées lors du lancement traduisent cette évolution : 78 % des Béninois estiment qu’une femme doit décider du moment de son mariage ; 60 % reconnaissent son droit à choisir le nombre d’enfants qu’elle souhaite avoir. Par ailleurs, 83 % soutiennent la poursuite de la scolarité des filles enceintes, tandis que 78 % se disent favorables à l’éducation sexuelle à l’école. L’un des points forts de l’ouvrage réside dans ses portraits. Sportives de haut niveau, agricultrices, policières, universitaires, agentes de santé ou entrepreneures : ces femmes illustrent la diversité des rôles qu’elles occupent aujourd’hui dans la société béninoise. La coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies au Bénin, Aminatou Sar, a salué un travail qui « met des visages sur des histoires singulières », tout en appelant à maintenir la dynamique en faveur de l’égalité.
Un combat encore en cours
Présente à la cérémonie, la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, Véronique Tognifodé, a rappelé que « aucune nation ne peut prétendre au progrès durable sans la pleine participation de ses femmes ». Elle a mis en avant les actions engagées par le gouvernement, sous l’impulsion du président Patrice Talon, pour renforcer l’autonomisation économique, l’accès à la santé et la protection sociale des femmes. Selon elle, ces avancées résultent à la fois d’une volonté politique affirmée et de l’engagement constant des femmes elles-mêmes. Dans le même esprit, la présidente de l’Institut national de la Femme, Huguette Bokpè Gnacadja, ainsi que plusieurs actrices de la société civile, ont invité les femmes et les jeunes filles à défendre leurs droits et à faire entendre leurs voix.
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