Le Bénin franchit une nouvelle étape dans la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale. À l’initiative du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), les acteurs du secteur bancaire et financier ont officiellement lancé la Coalition bancaire nationale dédiée à cette cause, avec l’ambition de contribuer à l’objectif de « zéro décès évitable » des mères et des nouveau-nés. Réunis à Cotonou, représentants d’établissements bancaires, institutions financières, fondations, partenaires techniques et autorités publiques ont procédé au lancement officiel de cette coalition inédite, matérialisant une volonté commune d’impliquer le secteur financier dans les enjeux de santé publique.  

Un plan d’action chiffré pour 2026–2028

 Au cœur de cette initiative figure un plan d’action couvrant la période 2026–2028, doté d’un budget global de 4 445 930 483 FCFA. Ce financement vise à soutenir les efforts déjà engagés par l’État dans le cadre du Plan national de développement sanitaire 2025–2029. L’objectif affiché est clair : renforcer les interventions existantes, améliorer la coordination des actions et mobiliser de nouvelles ressources pour réduire de manière significative les décès maternels et néonatals évitables. Selon les responsables du projet, cette coalition doit permettre d’aligner les actions sociales du secteur bancaire sur les priorités sanitaires nationales, à travers des mécanismes de financement innovants et durables. La santé maternelle, un enjeu de développement Pour l’UNFPA, cette initiative dépasse le seul cadre sanitaire. Elle constitue également un levier économique et social majeur. « Aucune femme ne doit mourir en donnant la vie », a rappelé le représentant résident de l’UNFPA, soulignant que la santé maternelle est indissociable du développement durable. Selon les données présentées lors des travaux, chaque franc investi dans la santé maternelle pourrait générer jusqu’à neuf francs de retombées économiques, notamment en termes de productivité et d’inclusion financière. Une population en meilleure santé contribue également, selon les experts, à la stabilité du système financier en réduisant les risques liés aux dépenses de santé imprévues.

Trois axes d’intervention prioritaires

Le plan d’action de la coalition repose sur trois piliers essentiels Le premier concerne le renforcement de la disponibilité des produits et services de santé, notamment les intrants médicaux et les soins obstétricaux et néonatals d’urgence. Le deuxième axe vise la réduction des délais de référence vers les structures sanitaires adaptées, afin d’assurer une prise en charge plus rapide et efficace des complications. Enfin, le troisième volet met l’accent sur la communication et le changement de comportement, avec pour objectif de lever les barrières socioculturelles.

  Un défi sanitaire encore préoccupant

Du côté du ministère de la Santé, les autorités ont rappelé que le défi reste important. Le secrétaire général du ministère a indiqué que le Bénin enregistre encore environ 391 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, malgré les progrès réalisés ces dernières années. Il a souligné que ces chiffres traduisent des réalités humaines douloureuses et appellent à une mobilisation collective au-delà du seul secteur sanitaire. Le secteur bancaire est ainsi appelé à jouer un rôle clé dans le financement et la structuration des solutions.

Une alliance symboliquement scellée

 La rencontre s’est achevée par un geste symbolique fort : la signature d’une toile d’engagement par les participants. Un acte qui consacre la naissance officielle de cette coalition et marque la volonté commune de transformer les ressources financières en vies sauvées.